Mercredi 10 novembre 3 10 /11 /Nov 01:54

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Comme un retour en Europe, pendant quelques jours. Passer du quartier Carmen Alto à Ayacucho à la maison de Charlène (Charlie pour les intimes) et Bertrand à Chincha (sur la côte péruvienne, à 3 heures au sud de Lima, 7 heures d'Ayacucho) donne cette impression. Jugez-en par vous-même avec les photos. Il y a forcément de l'eau chaude dans la douche, et même une femme de ménage (pas dans la douche, au four et au moulin). Charlène et Bertrand travaillent à la maison de vin Tabernero, un des meilleurs du Pérou. Lui est oenologue, elle tient la tienda, le magasin de vin.

Mais ne vous inquiétez pas, à part ça, Chincha reste une bonne ville péruvienne, avec ses motos-taxis, sa circulation au klaxon, ses vendeurs de tout et de rien partout. Et même un supermarché style Leclerc. C'est le premier à ouvrir dans la ville, depuis un mois. Dimanche, on voulait y aller, mais il y avait une heure de queue... pour rentrer ! Et quand on réussit à rentrer, il faut les voir, les gentils consommateurs le sourire aux lèvres, c'est à celui qui aura le caddie le plus rempli. Consommation, quand tu nous tient...

 

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Par ayacuchosocialclub
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Lundi 8 novembre 1 08 /11 /Nov 18:47

 

Début du concert, comme d'habitude avec la chanson "Praise you"

(si la vidéo ne fonctionne pas : http://www.youtube.com/watch?v=kEQDV4C2ydk&feature=related)

 

Le temps d'un week-end, j'ai quitté Ayacucho et son Pérou typique pour Lima et son quartier Miraflores, le quartier bien occidental qui donne l'impression d'effectuer un petit retour en Europe !

Et surtout, avec mon amie Charlène, nous avons dansé pendant 3 heures devant Fatboy Slim, qui se produisait sur l'esplanade du stade monumental de Lima. A part que le show a commencé à 2h30 du matin, c'était génial. Bêtes et disciplinés, nous étions arrivés vers 22h30, car sur le billet était marqué "ouverture des portes à 22h". En fait, elles se sont ouvertes vers 23h30 et après 3 heures de vieille house, enfin Monsieur Fatboy Slim (46 ans, quand même), nous a régalé avec son break beat inimitable.

Prochaine étape, The Wailers, toujours à Lima, jeudi soir, dans une petite salle cette fois-ci, et avec Nolwenn et Solen. Mais sans Bob Marley...

Par ayacuchosocialclub
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Samedi 30 octobre 6 30 /10 /Oct 17:51

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Un vrai nom de roman, Uchuraccay (*). Mais un roman noir. Perché à 4200 mètres d’altitude dans les montagnes andines du Pérou, dans la région d’Ayacucho, ce village a été meurtri à jamais par le conflit entre l’état péruvien et le Sentier lumineux, à la fin du siècle dernier. Et plus précisément le 26 janvier 1983. Ce jour-là, huit journalistes venus de Lima, la capitale péruvienne, y sont assassinés. Officiellement, des paysans locaux se sont acharnés sur eux, les confondant avec des terroristes du Sentier lumineux, organisation maoïste dirigée par Abimael Guzman, qui prône une lutte sans merci contre l’état péruvien.  Les journalistes auraient criés « periodistas » (journalistes, en péruvien), mais les paysans auraient compris « terroristas ». Officiellement également, les journalistes ne parlaient pas quechua, la langue des Incas, au contraire des paysans, qui ne connaissaient que cette langue, comme beaucoup de gens dans ces montagnes andines. Sauf que la veuve d’un des journalistes l’affirme, son mari comprenait le quechua. Et elle a vu les corps à la morgue : tous ont une marque identique, au niveau du cou derrière la tête, sans autre trace sur aucune autre partie du corps. Les paysans se seraient donc « acharnés » en ne portant qu’un seul cou, d’une précision folle, sur chacune de leur victime.

Il faut remonter à la raison de leur venue pour tenter de comprendre la mort de ces huit journalistes. Une semaine auparavant, à la mi-janvier 1983, 135 des 470 habitants d’Uchuraccay ont été tués par l’armée péruvienne, en représailles à des actions sanglantes de membres du Sentier lumineux. Les huit journalistes se déplacent à Uchuraccay pour enquêter sur ce massacre. L’hypothèse d’un assassinat par les militaires péruviens n’a jamais été prouvée, mais aujourd’hui encore, elle est évoquée.

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Suite à ces deux massacres, le village est déserté par ses « survivants ». Vivre dans la peur perpétuelle est invivable, plutôt tenter chercher mieux ailleurs, si c’est possible. Ce n’est qu’en 1994, deux ans après l’arrestation d’Abimael Guzman, que les habitants reviennent. Pas dans le village d’origine, rasé. Un peu plus haut dans la vallée. Uchuraccay est reconstruit, un monument aux morts est édifié en lieu et place de l’ancien village (photo), une croix se tenant à l’endroit même où les journalistes ont été assassinés. « Cette reconstruction n’aurait pas été possible sans l’aide de Monsieur Alberto Fujimori », affirme fièrement un habitant du village. Fujimori, ancien président du Pérou, entre 1990 et 2000, aujourd’hui en prison après avoir été condamné à 25 ans d’emprisonnement pour son implication dans deux massacres.

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A leur roman noir, les habitants tentent d’apposer des touches colorées. Ainsi, chaque année depuis quinze ans, ils fêtent le temps d’un week-end début octobre, leur « retour au village ». A l’entrée d’Uchuraccay, où la majorité des maisons sont en terre avec un toit en paille, trône un terrain de football. Un tournoi y est organisé. C’est l’attraction de ces deux jours. Tout le monde vibre au rythme des parties qui se succèdent. Que faire d’autre sur ces terres glaciales où la vie de déroule dehors, où un seul professeur s’occupe de trois niveaux d’études primaires, où beaucoup d’hommes boivent pendant que les femmes s’occupent des enfants et de la cuisine ?

Des femmes qui portent en elles toute la beauté andine. Des cheveux très noirs, un visage marqué par les épreuves de la vie, et des couleurs… Rouge, vert, rose, noir, leurs habits traditionnels apparaissent comme des cartes d’identité. Au contraire des hommes qui, si leurs visages sont autant marqués, voire plus avec l’alcool, n’ont pas un style si différent que dans les villes. Les enfants, eux, expriment dans leur regard toute leur joie de vivre et leur innocence. Avec au plus un pull pour se couvrir, le visage déjà marqué par la saleté, ils s’amusent d’un rien, mastiquent un paquet de cigarettes vide, se battent pour un bout de banane.

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Le samedi soir, un concert accapare l’attention de tous. Un son assourdissant surprend au milieu de ces montagnes si silencieuses. Le lendemain, certains continuent à descendre les bières, et tombent sur les coups de midi dans un coma éthylique triste à voir. Alors que le tournoi de football reprend, une cérémonie officielle est prévue. Le maire de Huanta, la ville la plus proche, à trois heures de route, s’est déplacé. Mais la cérémonie n’a pas lieu. Sans explication et sans que ça a l’air de perturber quiconque. Un homme qui participe à l’organisation de la communauté nous glisse quand même être fier « d’avoir à Uchuraccay un téléphone public, l’électricité dans tous les foyers depuis une semaine, un collège en construction ». Ce sera tout pour les discours.

L’attente principale, après la fin du tournoi de football, se situe plutôt au niveau de l’ancien village, où une tauromachie est organisée, pour clore ce week-end de commémoration. Scène intrigante, autour de la croix érigée en mémoire des huit journalistes tués : des taureaux jetés en pâture un par un, des enfants et des adultes qui les alpaguent et au final des taureaux qui ont plus peur des humains que l’inverse. Mais les humains, eux, sont ravis. De s’être retrouvés pour un week-end, ou de commémorer la mort des huit journalistes ? « Nous sommes pacifistes aujourd’hui, assure l’ancien maire d’Uchuraccay. Cette histoire est derrière nous. » L’avenir, lui, semble loin devant.

(*) Prononcez « Outchoularaï »

Article publié sur le site actulatino.com / link 

 

EN IMAGES

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Le long chemin des indemnisations

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Le conflit entre l’état péruvien et le Sentier lumineux s’est officiellement achevé en l’an 2000. La Commission vérité et réconciliation (CVR), créée en juin 2001 sous la pression de la communauté internationale, a été chargée d’enquêter sur les 20 ans (1980-2000) du conflit. Malgré un travail de tous les instants, presque dix ans après, les familles de victimes n’ont toujours pas reçu de réparations individuelles de la part de l’Etat.

Lors du week-end de commémoration à Uchuraccay, le responsable du bureau des disparus de la région de Huanta, dont fait partie Uchuraccay, avait emporté avec lui des dossiers pour les familles de victimes. Par ces documents, l’état péruvien reconnaît que telle ou telle personne a perdu un ou plusieurs membres de sa famille pendant le conflit. Si cette reconnaissance est un premier vers la réparation individuelle, « elle n’arrivera pas avant un an, minimum ».

D’autant que plus les années passent, plus les moyens pour venir en aide aux victimes diminuent. Le bureau des disparus de Huanta est tout petit, au rez-de-chaussée du centre culturel de la ville. Son responsable a été prié de partir car il ne fait pas partie de l’équipe du nouveau maire, élu début octobre. Et à Uchuraccay, c’était à l’arrière d’un 4/4 que les familles de victimes venaient chercher leur dossier. Sans se plaindre, elles repartaient avec leur dossier jaune sous le bras, en attendant, un jour peut-être, une reconnaissance franche et sincère.

 

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Six portraits de personnes ayant perdu un ou plusieurs membres de leur famille lors du conflit, en train de récupérer leur dossier, à l'arrière d'un 4/4

 

 

Par ayacuchosocialclub
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Samedi 30 octobre 6 30 /10 /Oct 01:41

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"La galle est parmi nous !" C'est le message reçu par tous les volontaires de la Casa hogar los Gorriones il y a deux semaines. Pris de panique, tous décident de s'imposer un traitement préventif : mettre tous ses habits dans un sac avec un produit spécial pendant 48 heures, puis laver le tout à 70 degrés (chose difficile au Pérou, beaucoup de machines, quand il y en a, lavant à l'eau froide...). Mais ce n'est pas tout : pendant trois jours, chaque volontaire devra se laver à heure fixe et après la douche, s'appliquer une crème "anti-galle".

Et avant toute chose, le lendemain de "la" nouvelle, Solen et Rebecca (photo ci-dessus) se dévouent pour tout nettoyer (matelas, couvertures, cuisine...) à la maison des volontaires, là où tout a commencé.

 

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Mais comment tout ça a commencé ? C'est dans cette chambre (photo ci-dessus, porte entrouverte) que deux volontaires vivaient. En quelques jours, l'un des deux volontaires a vu apparaître des dizaines de boutons rouges sur son corps. Le premier médecin vu annonce la mauvaise nouvelle. Le volontaire boutonné fait le traitement sur le champ, mais rien ne part...

Un deuxième médecin est consulté. Le diagnostic est moins évident. Les autres volontaires décident alors d'attendre un peu avant de se lancer dans le traitement très fastidieux. Et le troisième médecin trouve le bon diagnostic : intoxication alimentaire ! Son nouveau traitement fait effet, et aujourd'hui, ses boutons s'effacent petit à petit.

Plus de peur que de mal, finalement. Conclusion : au Pérou, prendre l'avis de plusieurs médecins quand quelque chose ne va pas...

 

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Vue de haut de la maison des volontaires. Sous la bache noire, il y a une grande table où les réunions, les repas, la vie des volontaires se déroulent. Les chambres sont situées sous la bache rouge qu'on aperçoit. Suite à cette histoire, le volontaire avec les boutons et sa copine sont partis vivre ailleurs. Et beaucoup d'autres volontaires vivent dans des familles péruviennes. On n'est pas là pour vivre dans un quatre étoiles, mais quand même...

Par ayacuchosocialclub
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Mardi 26 octobre 2 26 /10 /Oct 23:58

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« Ayacucho ? C’est la plus belle région du Pérou ! » Ils sont nombreux, les Péruviens à affirmer ça. Et pourtant, ou bien tant mieux, ce n’est pas du tout touristique. Oui, on croise de plus en plus de « blancs », plus qu’il y a encore cinq ans, mais ils travaillent essentiellement dans des ONG ou dans des foyers d’enfants des rues. Des foyers créés en masse dans les années 80, pour accueillir les enfants des victimes du Sentier lumineux.

En revanche, dès qu’on sort d’Ayacucho, dans les villages autour, les « blancs » se comptent sur les doigts de la main. La beauté des paysages et de ses habitants se marient parfaitement avec la musique locale. A une heure d’Ayacucho, Quinua et ses artisans, « le » village de la céramique, trouverait très bien sa place dans le sud de la France. C’est ici que s’est achevée la bataille d’Ayacucho, en 1824, scellant l’indépendance du Pérou. L’obélisque (photo ci-dessus), en est le monument du souvenir, édifié en 1974. A ses pieds, le coucher du soleil sur les montagnes qui surplombent Quinua vous fait oublier le froid qui s’installe pour la nuit, à 3300 mètres d’altitude.

Et même si les touristes ne sont pas légion (nous étions les seuls ce jour-là), la mama qui nous accueille pour la nuit et 30 soles nous demandent de payer tout de suite car, « si d’autres touristes arrivent, je pourrais leur dire que la chambre est payée pour la nuit ».

 

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(photos Solen, les deux au-dessus)

 

 

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      Pour terminer ce petit voyage en images à Quinua, une photo des deux soeurs

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Par ayacuchosocialclub
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