LES ANCIENS AUSSI ONT BESOIN DE VOLONTAIRES

Publié le par ayacuchosocialclub

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                                   Les anciens de Huanta, tous autant attachants les uns que les autres

 

Ayacucho est une des villes du Pérou où il existe le plus de foyers pour enfants des rues, plus d'une dizaine. Le premier a été crée en 1985 et accueillait uniquement des enfants orphelins, dont les parents étaient morts lors du conflit entre l'Etat péruvien et le Sentier lumineux. C'est ce conflit qui a engendré la création de tant de "casa hogar". Aujourd'hui, ces foyers ouvrent leurs portes à des enfants n'ayant pas forcément de lien avec le conflit, mais avec des histoires toutes autant terribles. Depuis une dizaine d'années et la fin officielle du conflit, les volontaires ou salariés occidentaux affluent dans ces structures pour apporter leur aide. Ce sont pratiquement les seuls "blancs" qu'on croise à Ayacucho, ville qui aspire à devenir plus touristique (pour le meilleur et pour le pire), mais à qui il faudra encore du temps.

Si ces foyers "monopolisent" les volontaires dans la région, ce ne sont pas les seuls qui en ont besoin. A Huanta, à une heure d'Ayacucho (voir articles précédents), la "casa de los ancianos" accueille des vieilles personnes. Et en douze ans d'existence, ils ont reçu seulement deux volontaires, Bretons, Manue et Guillaume, venus avec l'association Cuenta conmigo, basée à Nantes. C'était il y a deux ans et ils étaient restés deux mois. Il y a une semaine, j'ai suivi Erwan et Gaëlle, deux volontaires de la casa hogar los Gorriones (où travaillent Nono et Soso) partis visiter cette structure. Ces deux volontaires suivent plus ou moins le même parcours que Manue et Guillaume : deux mois de volontariat en Argentine, deux au Pérou puis deux en Equateur. Seule l'étape péruvienne diffère.

 

"Aujourd'hui, ils n'ont plus rien, sauf cette casa"

Quelle ne fut pas la joie de ces anciens à notre arrivée ! Ils avaient l'impression que Manue et Guillaume étaient de retour ! Nous ne sommes restés q'une heure, mais nous sommes repartis avec la chair de poule et l'envie de revenir. "Gracias papi, gracias mamita", des embrassades à n'en plus finir, la chaleur humaine se voulait contagieuse. Et pourtant, cette maison de retraite ne reçoit pas beaucoup de soutien et les salariés se comptent sur les doigts d'une main. L'association nantaise est la seule à l'aider financièrement et régulièrement. A part la cantine, payée par la municipalité de Huanta, pour le reste, "c'est un coup oui, un coup non", comme l'explique Edgar (voir article précédent). "A la mairie, les discours sont toujours très prometteurs, mais derrière... Au plus, nous réussissons à emprunter un bus pour organiser une sortie. J'ai bien connu Manue et Guillaume et aujourd'hui j'essaie d'aider comme je peux les anciens."

Comme pleins d'enfants des foyers d'Ayacucho, "ces anciens ont perdu un être cher pendant le conflit, un époux(se), un enfant, les deux, voire plus, continue Edgar. Aujourd'hui, ils n'ont plus rien, plus de famille, sauf cette casa." Aller au marché avec eux, participer à leur vie quotidienne, les accompagner décemment dans leur fin de vie, c'est tout ce qu'il demandent. Avec Erwan et Gaëlle, nous sommes partis avec le sentiment que notre aide servirait plus auprès de ces anciens que des enfants. Ces derniers, à force de recevoir des volontaires par dizaine, trouvent cela normal. Alors qu'à la casa de los ancianos, une seule heure nous a marqué pour longtemps.

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Rodolphe Ponthus 01/03/2011 13:31


et bé en voilà une belle mission, et croiser les relations humaines !
moi aussi je suis émue à lire cet article... ils valent le coup ces petits vieux, de créer autour d'eux du lien, avec les enfants pourquoi pas ? transmissions...

je vous embrasse les aventuriers du pérou ;-)

Marion


maman 16/02/2011 09:18


très touchant ton article, je crois qu'à tout âge, on a besoin d'attention, de contact, de soin, de regard bienveillant et d'amour, que ce soit enfant pour se constuire ou en fin de
vie.................Bisous


les parents 15/02/2011 21:15


eh bien on ne sort pas indifférent de cette visite, même moi à des milliers de km je suis toute émue en lisant cet article!
il ne faut pas oublier que c'était la même chosqe avec les anciens il n'y a pas si longtemps et où les maisons de retraites étaient des mouroirs, maintenant les choses changent et les moyens de
l'état aussi
merci de nous avoir fait partager cet article